Les maladies mitochondriales sont un groupe de maladies rares affectant la production d’énergie dans les cellules et pouvant donc altérer le fonctionnement de nombreux organes. Elles touchent autant les hommes que les femmes et sont souvent responsables chez l’adulte de manifestations neurologiques (ataxie cérébelleuse, neuropathie périphérique, paraparésie spastique, épilepsie, mouvements anormaux, encéphalopathie) et psychiatriques complexes. Ces maladies neurométabolique sont prises en charge au sein de notre CRMR Neurométabolique Adulte Paris afin d’assurer une approche pluridisciplinaire optimale (médicale, diététique, neuropsychologique, psychologique, infirmière et médico-sociale).

Sommaire

Cause

Les maladies mitochondriales sont causées par des mutations génétiques qui affectent la fonction des mitochondries, les organites responsables de la production d’énergie dans les cellules. Pour assurer ce rôle, les mitochondries possèdent leur propre ADN, appelé ADN mitochondrial (ADNmt). La transmission des mitochondries à la descendance étant exclusivement maternelle, une mère porteuse d’une mutation dans l’ADNmt transmet a priori la mutation à tous ses enfants. Un homme atteint ne transmet jamais une mutation de l’ADNmt. Chaque cellule comporte plusieurs centaines à plusieurs milliers de mitochondries dans lesquelles se trouvent 2 à 10 copies d’ADNmt. La proportion d’ADNmt muté peut être variable d’un tissu à l’autre, c’est pour cette raison que plusieurs tissus sont prélevés pour le diagnostic moléculaire d’une maladie mitochondriale due à une mutation de l’ADNmt.

L’ADN nucléaire joue également un rôle essentiel dans le fonctionnement des mitochondries. Les mutation dans les gènes nucléaires codant pour des protéines mitochondriales entrainent un dysfonctionnement mitochondrial majeur et des symptômes pouvant se manifester de l’enfance à l’âge adulte. La transmission à la descendance de maladies mitochondriales liées à l’ADN nucléaire peut être dominante, récessive, ou encore liée à l’X selon le gène impliqué.

 

Symptômes

Les symptômes, leur sévérité et leur âge d’apparition peuvent varier considérablement, y compris au sein d’une même famille pour une même mutation. En raison du rôle des mitochondries, les organes les plus touchés sont généralement ceux consommant le plus d’énergie. Les atteintes les plus fréquentes sont neurologiques (centrales et/ou musculaires), neurosensorielles (ophtalmologiques et/ou ORL), cardiaques ou encore endocriniennes.

L’une des maladies mitochondriales les plus fréquemment rencontrées est le syndrome MELAS (Myopathy, Encephalopathy, Lactic Acidosis, and Stroke-like episodes, OMIM #540000), en rapport avec une mutation de l’ADNmt. Le syndrome MELAS peut associer des symptômes aussi variés qu’une surdité, un diabète mais aussi des épisodes de pseudo-accidents vasculaires cérébraux (pseudo-AVC), une épilepsie, une ataxie cérébelleuse, une neuropathie périphérique, une atteinte musculaire, une atteinte ophtalmologique, une cardiomyopathie et/ou une atteinte rénale.

Protocole national de soins MELAS

 

Traitement

Les traitements existants sont essentiellement symptomatiques et ont pour objectif d’améliorer la qualité de vie des patients. La recherche est en cours pour développer des thérapies géniques et des traitements pharmacologiques ciblée. Plusieurs petites molécules sont actuellement à l’essai chez des patients atteints de mutations de l’ADNmt. Chez les patients présentant des pseudo-AVC et/ou une épilepsie difficile à équilibrer, le régime cétogène peut permettre un bon contrôle métabolique et la stabilisation de la maladie mitochondriale.